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Selon la base de données mondiale des impacts des catastrophes EM-DAT, l'Europe a été touchée par 1222 événements catastrophiques entre 1978 et 2007.

Sur près de 100 000 victimes humaines enregistrées au cours de ces 30 années :
- la canicule de 2003 a fait plus de 70 000 victimes (principalement en Italie, France, Espagne, Allemagne, et dans une moindre mesure Portugal, Belgique, Pays-Bas, Rép. Tchèque, Autriche, Royaume-Uni, Slovénie et Luxembourg) ;
- les accidents majeurs de transports sont responsables de plus de 9 000 morts, et les accidents industriels et technologiques (explosions, feux, effondrements de bâtiments, empoisonnement) environ 3 300 morts ;
- 90% des 5 200 victimes de séismes sont liées au tremblement de terre de Naples (1980) ;
- les victimes des inondations et des tempêtes (respectivement 1 500 et 1 400) sont plus distribuées dans le temps et dans l'espace.
La distribution des victimes par type d'aléa illustre l'efficacité des systèmes d'alerte et de réponse d'urgence en Europe. Ceux-ci ont permis de contenir le nombre de victimes liées à certains aléas hydrométéorologiques fréquents et prévisibles (tempêtes, inondations et feux de forêts), alors qu'ils se sont révélés moins efficaces à réduire les impacts des risques sismiques, technologiques, ou plus complexes (par exemple, les systèmes d'alerte pour la canicule, tels que la "vigilance canicule" opérationnelle en France depuis 2004, nécessitent la prise en compte des vulnérabilités spécifiques des populations).

Les impacts économiques, quant à eux, sont principalement le fait de phénomènes plus fréquents et étendus à travers le territoire de l'Union européenne : inondations récurrentes, tempêtes balayant plusieurs pays, séismes. Des systèmes d'alerte adaptés peuvent avoir une efficacité relative, mais la réduction des impacts économiques passe en premier lieu par le respect sur le long terme de normes de construction et d'une planification spatiale adaptées. Quelques événements exceptionnels sont responsables de la majorité des impacts. A titre d'exemple, parmi les 120 inondations enregistrées comme catastrophes, les 10 plus importantes sont responsables de 70% des dommages. Les 6 séismes les plus importants (sur les 60 répertoriés) sont responsables de plus de 90% des dégâts. La survenue d'un événement exceptionnel dans une zone densément urbanisée pourrait provoquer des dommages bien au delà des enregistrements historiques, et largement outrepasser les capacités actuelles des systèmes d'assurance.

La distribution des risques est très inégale au sein de l'Europe. Les risques de tempêtes extratropicales se concentrent sur le Royaume-Uni et l'Irlande ; les risques d'inondation, couvrant la majeure partie du territoire, sont plus importants en Europe centrale ; la sismicité touche principalement les pays des pourtours de l'Adriatique.

L'évolution au cours de ces trente années ne montre aucune tendance nette, ni vers une augmentation ni vers une réduction de ces impacts.

Pour le futur, le quatrième rapport du GIEC (2007) conclu : « il est très probable que la fréquence et l'intensité des canicules en été vont augmenter dans toute l'Europe ; probable que la fréquence des précipitations intenses augmentera, en particulier en hiver, et que le risque de sécheresse en Europe centrale et méridionale augmente en été ; enfin, il est possible que la fréquence des tempêtes augmente ».
Les Etats européens ont développé des politiques de secours et de prévention au cours des dernières décennies, pour la plupart de ces risques, avec différents degrés d'harmonisation et de coordination au niveau communautaire. Toutefois, dans la plupart des pays, les plans et politiques de prévention demandent de sérieuses mises à jour, notamment pour prendre en compte des aléas d'intensité exceptionnelle et de période de retour très grande (de l'ordre de la centaine ou du millier d'année) qui pourraient toucher des zones densément peuplées (tsunami, tempête extratropicale, épidémie majeure, séisme, éruption volcanique, etc.).
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