Depuis quelques années, les données historiques sont de plus en plus utilisées dans un but opérationnel pour améliorer la gestion des risques. Le recours aux archives a été formalisé pour la cartographie PPR et plusieurs programmes d’études pluridisciplinaires se penchent sur les modalités de valorisation des données anciennes en fonction des contraintes de chaque spécialité. Les bureaux d’étude s’y réfèrent également pour mener à bien les missions qui leur sont confiées par les collectivités locales…
Mais face à cet intérêt croissant pour les données d’archives émergent de nouvelles questions et de nouvelles pistes encore peu explorées. Les données anciennes, souvent utilisées pour améliorer la connaissance de l’aléa, sont encore peu exploitées pour mettre en perspective et tenter d’améliorer la gestion actuelle des risques, comprendre les jeux d’acteurs et les points de blocage à la lumière du contexte historique qui les a produit. Plusieurs questions peuvent être formulées :
- Quels sont les besoins actuels des gestionnaires et en quoi les informations historiques peuvent leur être utiles ? Quelles difficultés rencontrent-ils ?
- Comment les usagers potentiels de ces archives qui se constituent aujourd’hui souhaiteraient voir évoluer les choses ? (élus, bureaux d’études, services d’état, sinistrés potentiels, associations…)
- Quels sont les problèmes qui se posent aux archivistes d’aujourd’hui pour mieux remplir leur mission de conservation et de conseil vis-à-vis des utilisateurs de ces données ?
- Comment améliorer l’organisation des archives qui se constituent actuellement pour répondre aux nouveaux besoins de la société en matière d’alerte, de prévention, d’information du citoyen, de gestion de crise, dans le cadre d’un développement durable et du principe de précaution.
La forte augmentation de production de données contemporaines et l’hyperspécialisation disciplinaire pose par ailleurs de nouveaux problèmes pour assurer la pérennité des connaissances d’aujourd’hui afin qu’elles soient utiles et facilement accessibles aux acteurs de la gestion des risques de demain :
- Problèmes de stockage et de tri des données,
- Problèmes d’accessibilité : évolution des supports informatiques, formation des personnels…
- Problèmes de suivi et de conservation : traçabilité de la donnée, des archives plus anciennes (à l’occasion de la réorganisation de services par exemple).
- Problèmes d’intégration des archives privées, d’articulation entre archives publiques, privées, associatives…
A l’occasion de cette rencontre scientifique, la confrontation des points de vue des producteurs et des utilisateurs d’archives, des scientifiques et des praticiens, a permis d’illustrer certains de ces aspects et de faire le point sur les apports des sources anciennes dans la connaissance et la gestion des risques naturels. Les intervenants ont insisté sur les méthodologies mises en œuvre, les apports originaux de leur travail, les limites d’utilisation et les contraintes posées par les archives, les difficultés liées à la multiplication des documents actuels qui seront les archives de demain.
Ce séminaire était organisé par l’AFPCN en collaboration avec les étudiants du master Pro. Gestion des catastrophes et des Risques Naturels de l’Université de Montpellier III.
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